Petite histoire du grand Baccalauréat

Palais des Tuileries, le 17 mars 1808.

« NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et les constitutions, empereur des Français, roi d’Italie, et protecteur de la Confédération du Rhin,
Vu la loi du 10 mai 1806, portant création d’un corps enseignant,
Notre Conseil d’État entendu,
Nous avons décrété et décrétons ce qui suit. »

Ce « ce qui suit » est ce qui définit officiellement le baccalauréat. Ce fameux baccalauréat que nous devons à Napoléon Bonaparte qui a rétabli les universités de l’Ancien Régime que la Révolution avait supprimé (Théologie, Droit et Médecine) et crée deux facultés nouvelles (Lettres et Sciences). Par décret organique du 17 mars 1808, il restaure la « maîtrise des arts » qu’il nomme « baccalauréat ».
Le baccalauréat n’est alors composé que d’épreuves orales. C’est à partir de 1830 que des épreuves écrites sont ajoutées, notamment en français et en latin, puis en philosophie. Il faudra notamment attendre 1861 pour voir une femme participer à l’épreuve : Julie-Victoire Daubié, une institutrice vosgienne de 37 ans.
Avançons d’environ un siècle pour arriver en 1968. Cette année de nouvelles séries d’épreuves sont créées: « A (Philosophie-lettres), B (Economique et social), C (Mathématiques et sciences physiques), D (Mathématiques et sciences de la nature) et E (Mathématiques et technique), mais les révoltes étudiantes du mois de mai entraînent la suppression des épreuves écrites. A titre exceptionnel, les bacheliers ne passent que des épreuves orales pour les deux sessions. On enregistre cette année un taux record de plus de 81 % de réussite ! C’est également en 1968 que le baccalauréat technologique est créé. Ce bac associe une formation générale à une formation technologique. Titulaire d’un bac technologique, l’étudiant poursuit ses études en BTS, DUT ou en écoles spécialisées. » (Source : l’internaute)
La période 1985-2000 marque le temps des réformes. En 1985, à peine 30 % d’une classe d’âge a obtenu le baccalauréat. La même année on lance l’objectif de 80 % de réussite à l’examen. Ces chiffres, aujourd’hui atteints, s’expliquent aussi par la création cette même année du bac professionnel : un bac créé pour répondre à la demande des professionnels en manque de techniciens d’atelier, d’employés et d’ouvriers hautement qualifiés, et qui a pour objectif de faire rentrer l’élève très rapidement dans la vie active.
Si en 2012, 84,5 % des candidats ont eu leur baccalauréat, 132 ans auparavant, en 1880 c’est 1 % de réussite. De quoi faire déglutir nos bacheliers exaspérés, et rire Jules Vallès. Est-il utile de préciser qu’ils n’étaient que 21 bacheliers contre 665 000 aujourd’hui ?

T.F

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