Gandhi

 

Et l’objet de cet hommage massif est mort tel qu’il avait mené sa vie; simplicité absolue, pas de fortune, pas le moindre bien, ni position officielle ni titre honorifique. Le Mahatma Gandhi n’était ni un capitaine d’armée, ni le souverain de vastes contrées. Il n’aurait pu se targué d’être ni un grand savant, ni d’être un artiste. Néanmoins, des hommes, des gouvernements, des dignitaires du monde entier sont venus rendre hommage au petit homme basané vêtu d’un pagne, qui a mené sont pays, à la liberté. Selon le général George Marshall, secrétaire d’état américain, « le Mahatma Gandhi est devenu le porte parole de la conscience de l’Humanité, c’était un homme qui avait rendu l’humilité et la simple vérité, plus puissantes que des Empires ». Et Albert Einstein a ajouté « Les générations à venir auront peine à croire qu’un tel homme ait jamais existé en chair et en os sur cette Terre ».

Éloge funèbre -1948

Nous sommes le 30 Janvier 1948, et Gandhi vient de mourir, assassiné. Comme écrit Nehru, alors Premier Ministre de l’Inde « La lumière a quitté nos vies, l’obscurité est partout. Bapu le père de la nation, n’est plus. ». A 79 ans, l’homme, ou l’Homme, vient de tomber, et avec, une vanité sérieuse, hymne à la simplicité et à la vie en toutes choses : « Tout ce que tu feras sera dérisoire, mais il est essentiel que tu le fasses.  »

Avec objectivité rien ne peut pressentir un tel avenir, à un homme, le jour où il ouvre ses yeux.

Jamais l’ascétisme ne fut si poussé et si proche de cette vérité dont l’homme détient un fragment, de cette satya universelle qu’est Dieu, sous tous ses noms. La recherche de la vérité a mené Bapu au-delà de sa construction personnelle. Il s’agit de la reconsidération d’une multitude de microcosmes perfectibles en chaque homme, chaque fragment de vérité, pour mené à la compréhension du macrocosme, siège de la vérité, Dieu, quelque soit son nom. Gandhi n’eut pas toujours des millions de consciences levées avec lui pour la Justice. Aussi seul fut-il, comme il l’affirme « même si nous somme une minorité d’un seul homme, la vérité est la vérité ».

Il y a, dans l’injustice, un sentiment si pesant, que jamais personne n’aurait pu seulement envisagé de faire tomber un Empire sans violence. Gandhi considéra que répondre à la haine par la haine, ne fait que nourrir cette dernière. Ne pas riposter, notamment en prônant non-violence et désobéissance civile, met en valeur la haine de l’homme qui prend alors conscience. Gandhi libéra l’Inde sur ce principe.

Si seulement les conflits n‘eurent pu être que politiques ou même économiques, à la libération du pays, jamais une telle haine n‘aurait naquit entre hindous et musulmans.

Le Mahatma Gandhi, pensait que la vérité résidait dans le cœur de chaque croyance toujours identique, mais que l’ornement superflu de ces croyances n’était que l’aspect matériel de ces dernières : « Si un homme atteint le coeur de sa propre religion, il atteint également le coeur des autres religions.  »

Si ce n’est au cœur de la Mahabharata que Gandhi trouva ses repères, il s’inflige à lui même une idéologie très stricte. Si toutes ses persuasions résultent d’un hédonisme non-égoïste, voilà bien là le fait que sans jamais se valoriser car nous valons tous seulement le fait d’être né rien de plus, Gandhi s’ouvre à une perfection : la simplicité.

Une chose peut résumer assez bonnement la considération non haineuse que Gandhi avait de l’Empire, bien au contraire, mais que leurs idéologies différaient irrémédiablement : « On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités.  »

La valeur de la personnalité ne résulte donc pas de la façon dont l’on traite son égal mais de la façon dont l’on admire son inférieur.

Gandhi forgea une éthique, et avec ce bagage fragile mais intouchable, il mena l’Inde à la Liberté, et avec la simple vérité, fit tomber le rayonnement d’un Empire, en considérant la Justice avant le pouvoir.

Théo Florens

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. raannemari dit :

    Ceux qui veulent changer le monde connaissent une triste fin : Ghandi, Luther King, Thomas Sankara, Patrice Lumumba, ….

  2. C’est vrai…Ceux qui veulent qu’il reste tel qu’il est sont bien plus puissants. En tous cas, Gandhi devrait être un exemple; je suis adepte de la non-violence et de la résistance passive; quand on voit comme sont inutiles les actions violentes , contre-productives, il faudrait se mettre à réfléchir à tout ça…Green Peace l’a compris et ses actions, marquent les esprits, en tous cas le mien, ce n’est qu’un exemple…

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