Le Front National vu par Timothé Césa

Voici un article de la main de Timothé Césa. Il y présente une certaine analogie du Front National afin de mieux cerner les enjeux actuels que la popularité de ce parti d’extrême droite pourrait engendrer. N’hésitez pas à réagir et même vous aussi écrire quelque chose à nous envoyer ! Une bonne lecture à tous.

Parti républicain, parti antirépublicain, ou plus récemment parti dans la république… Nombreux sont les qualificatifs attribués au Front National. Mais quand est-il réellement ?

Il est clair que l’idéologie portée par ce parti d’extrême droite – car c’est bien un parti d’extrême droite malgré ce qu’en dit sa présidente Marine Le Pen – côtoie couramment la frontière du légal et s’est portée à maintes reprises en porte-à-faux vis-à-vis des idéaux de la République française. Liberté, égalité, fraternité. La devise française est en effet fortement remise en question par le programme de ce parti. En fermant les frontières et en menant des politiques discriminantes envers les plus démunis – pour beaucoup issus de l’immigration – le FN risque de favoriser le repli communautaire et l’ethnocentrisme. Qu’en serait-il alors des valeurs d’égalité et de fraternité ? Selon moi elles seraient niées.

Depuis sa création au début des années 70, l’opposition au parti alors dirigé par Jean-Marie Le Pen fut quasiment consensuelle au sein du paysage politique français. Mais cette opposition prit une plus grande ampleur en 2002 suite à la qualification au second tour des présidentielles par M. Le Pen. Aujourd’hui, devant la recrudescence de son influence et le succès de sa fille Marine, un débat est posé sur le regard que l’on doit porter sur ce parti. Faut-il le diaboliser tel que le fait couramment la chaine de télévision Canal + avec notamment les Guignols de l’info ou le Petit journal ? Faut-il au contraire de pas en parler et ne relayer aucune information les concernant ? Les deux « solutions ont malheureusement de gros défauts. Le FN a su habilement se prémunir de la diabolisation dont il était victime en jouant sur le « UMPS », et en se positionnant comme l’alternative à la pensée politique en échec depuis les années 80. Ainsi continuer à porter en ridicule leur donnerait le soutien des nombreux électeurs ne croyant plus en la politique. Pour la seconde solution, c’est plus un argument d’ordre démocratique qui se pose : ce serait omettre l’opinion d’une part importante de la population et ainsi limiter le pluralisme que se doit de garantir un régime démocratique. Certains opposants ont quant à eux préféré jouer sur le caractère antirépublicain du FN pour proposer une interdiction pure et simple d’un parti aux idéaux contraires aux valeurs de la société française. Là encore je ne pense pas que ce soit la solution car les idées ne disparaitraient pas et au contraire continueraient probablement à germer dans l’ombre de la législation.

Pour ma part, j’aimerais que l’on arrête de se demander s’il faut interdire ou non le FN, s’il faut le diaboliser ou au contraire le normaliser. Je serais pour qu’on le laisse s’exprimer tel un autre parti, et contrer un à un leurs arguments. Tout économiste le dit, le programme de ce parti n’a aucune chance de fonctionner. Pourquoi n’expliquons-nous pas haut et fort en quoi l’avenir que propose Marine Le Pen se portera au détriment des français. Certes le FN se revendique comme un parti national, mais le terme nationalisme est selon moi une illusion, le côté sombre du patriotisme. J’aimerais reprendre l’analyse à laquelle se livre Lydie Salvayre dans Pas pleurer. Selon elle, ceux qui brandissent l’étendard du nationalisme le font à seule fin de séparer le nationaux des non nationaux, de mettre en place une société hiérarchisée, un national-racisme en somme. Un parti nationaliste est donc avant tout un parti anti non-nationaux et c’est ce qu’il faudrait démontrer aux électeurs pour contrer l’avancée « bleu marine ».

Nietzche décrivait les nationalistes comme des « fanatiques attisant les haines » ; Schopenhauer déclara quant à lui que la vérole et le nationalisme étaient les deux maux de son siècle, et que si l’on avait depuis longtemps guéri du premier, le deuxième restait incurable. Malheureusement cette pandémie a survécu au changement de siècle…


Timothé Césa

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Bel article, il n’y a rien pour ce qui me concerne, à rajouter.

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