Attentats à Paris, j’étais rue de Charonne

Mettre des mots, faire le point. Ma soirée, mes réactions, mon ressenti.

Rendez-vous 21h, rue de Charonne, je suis en retard. J’ai hésité toute l’après-midi à y aller. Bon si, allez, j’y vais, ça va être sympa. 21h. Je quitte la fac, prend les transports.

Inconscient, insouciant.

Je sors du métro, cherche le distributeur de billets, retire de l’argent. 21h30. Merde, mais je suis sur le boulevard Voltaire là, elle est où cette rue de Charonne ? Demi-tour, elle est là, ça y est, j’en déchiffre le nom sur le panneau. J’entame la rue dans un sens. Merde c’est le mauvais. 21h35. Je suis en retard. Dépêche-toi bordel, tu vas tout rater ! 21h40. Voilà, c’est bon, je suis dans le bon sens, dans la bonne rue.

Inconscient, insouciant.

21h45. Du bruit, des cris. Une bagarre? Un attroupement là-bas, au bar. Ils doivent être bourrés, comme tous les vendredis soirs dans Paris quoi… Je m’approche. Un regroupement s’est formé de l’autre côté du trottoir. « Tirs à la kalach ». « Des morts ». « Des dizaines de morts ». « Du verre brisé, partout ». Les informations fusent, qui croire, que comprendre ? Mais on parle de quoi là d’ailleurs ? Une fusillade ? Un règlement de compte comme à Marseille ? Mais, j’y pense, pourquoi pas un attentat ? Naïvement, je demande. « Evidemment que c’en est un ! » me répondent les clients qui se sont enfuis en courant, en cœur.

Inconscient, insouciant.

Les policiers sont là. Tant bien que mal, la circulation est régulée, un barrage installé, un périmètre de sécurité déployé. Les voitures dérapent. Les pneus crissent. Les sirènes. Premier camion de pompiers. Deuxième camion de pompiers. Troisième camion de pompiers. Quatrième camion de pompiers. Tout le monde court, s’active. Et moi, fixe, incrédule, j’observe. Les pompiers paniquent, courent. Les policiers dépassés, hurlent. Traumatisés, les gens tentent de se convaincre du chaos qu’ils ont vécu. Et puis, voir des corps… Merde, mais il faut que je parte d’ici ! Vite le métro ! Ce n’est peut-être que le début ! J’avertis tous les gens que je croise. Rentrez chez vous, allumez la radio, consultez les réseaux sociaux ! Bien que ce soit inutile, je ne résiste pas… Ils ne m’écoutent qu’à moitié, ne me croient qu’à moitié. « Encore un de ces tarés qui veut faire le buzz. ». « Eh l’autre, Charlie c’est fini hein. ». Et toujours, les sirènes.

Inconscient, insouciant.

Puis, les transports. Le retour. Nation. Station bondée. Une valise, seule, suspecte, là-bas. Non mais je suis parano… Pourquoi me regarde-t-il comme ça lui ? Serait-ce un des terroristes ? Les transports en communs parisiens. Je m’y sens tellement vulnérable, noyé dans la masse. Réveillez-vous ! Sortez de vos bulles ! D’autres attentats vont avoir lieu ! J’en suis maintenant parfaitement conscient. Rue Charonne, ce n’étais que le début. Et ça m’angoisse, me révolte.

Inconscient, insouciant.

Chez moi. Horrifié, je découvre les 6 fusillades, les explosions au Stade de France, la prise d’otage au Bataclan. Et là, j’avoue que j’ai perdu espoir, que j’ai senti quelque chose s’effondrer. Abominable. Effrayant.

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14 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. abobonews dit :

    Dieu vous garde et protège ce beau pays, la France

  2. Je découvre cette horreur ce matin – je n’ai pas écouté la radio, ni la télé hier au soir – …Effarée

  3. Ça m’a choquée de savor qu’il y avait des gens de la Plume dans la rue Charonne, j’ai une amie qui y est. C’est fou comme les choses nius tombent dessus d’un coup, on ne s’attendait à rien….
    L’amour vaincra

  4. Lunesoleil dit :

    Paix a toutes ces âmes ❤ ❤ ))))))

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